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Reflection

Racine

Aujourd’hui, l’objet de ma réflexion, c’est une racine. Cette racine dans la photo m’a servie de chaise pendant ma pause déjeuner. Voici l’arbre qu’elle nourrit:

On parle d’avoir des racines, d’être fier d’où on vient, notre famille, nos ancêtres. Les racines nous soutiennent, comme ils soutiennent les plantes, donnant à manger, tous les biens de la terre, fournissant nos histoires et même nos identités.

Dans la Bible, c’est le prophète Ésaïe qui dit:

Puis un rameau poussera de la souche d’Isaï,

un rejeton de ses racines portera du fruit.

Ésaïe 11:1

L’arbre de Jessé, qui a été fréquemment figuré pendant le Moyen Âge, montre la relation entre David et Jesus, le ‘rejeton’ (qui me paraît un étrange mot… mais voilà, je suis britannique!) En Latin, Radix Iesse, la racine d’Isaï, me fait penser aux ‘O’ antiennes pour la fin de l’Avent.

pas tout à fait la saison, je sais…..

Donc, en partie une racine est un symbole pour famille. Mais la racine trouve aussi son raison d’être dans la terre, tenant bien, aidant à se sentir solide. J’ai pensé aux pratiques de méditation selon Thich Nhat Hanh au village des pruniers dont un qui nous mène jusqu’à s’imaginer solide comme une montagne. C’est pas pour devenir immuable dans un mauvais sens, inflexible, mais pour rester stable comme un tronc, malgré les emotions qui bougent autour dans les branches et rameaux à cause des vents.

J’ai aussi réfléchi sur l’idée de ne pas avoir des racines, de vagabondage. Il existe encore des cultures qui ne se figent pas. En Europe, je pense aux Roms, qui vivent en marge de notre société sédentaire, souvent persécutés et traités avec suspicion en raison de leur mode de vie délibérément choisi. Mais ils ne sont pas les seuls. Et à une époque, c’était la seule manière de pouvoir trouver assez à manger. (Pour un livre super intéressant sur notre passé commun comme voyageurs et vagabonds, un livre qui mélange archéologie avec anthropologie et musicologie, malheureusement seulement disponible en anglais et italien, voir Sounding the depths par Victor Grauer). Le moment où on a placé nos racines, les enterrants, et en se fixant un lieu de domicile, c’est lié au moment où on a découvert le secret d’agriculture, qu’un autre écrivain décrit comme ‘viol’ de la terre et de la nature, image violent qui m’a beaucoup fait penser – voir Yuval Noah Harari Sapiens.

Quelles sont mes racines? Combien suis je rattachée? J’avoue, j’ai souvent du mal avec ça, et j’ai parfois l’impression de flotter. Il y a liberté et il y a détachement sans savoir où on appartient. Finalement, on voit ce qu’on regarde, et même avec beaucoup de déplacement, le vivre dans un autre pays, travailler partout, si je regarde bien, mes racines chères m’attachent bien.

Avec toutes mes excuses pour mon français…..

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